HOUILLES

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Eh non...le nouvel obs a mal titré son article. Les enfants de Ségo ne sont pas fatigués.

Les fidèles, ceux qui n’ont pas trahi, ceux qui continuent avec Ségolène sont bel et bien vivant...

Jeunes d’Avenir, le mouvement de Jeunesse de Ségolène Royal organisera prochainement 3 événements participatifs en Ile de France. Je ne manquerai pas de vous tenir informé.

 

A bientôt.

 

Florian Bohême,

délégué régional IDF des Jeunes d’avenir.


Article et Photo paru dans le nouvel observateur du 10 avril 2008.

«Adieu Bisounours»
Les enfants de Ségo sont fatigués
L'an dernier, ils jouaient dans la cour des grands. Aujourd'hui, c'est moins drôle.

 

Ce jour-là on s'est dit qu'on avait créé un monstre. On avait envie de tout balancer et de partir en courant.» Quand ils en parlent avec le recul, Thomas Chevandier, 23 ans, et Camille François, 18 ans, hésitent entre le rire et la consternation. C'était un soir d'automne en 2006, quelques semaines avant que les socialistes ne confient a Ségolène Royal la délicate mission de conquérir l'Elysée. Dans une salle du 20e arrondissement à Paris, les jeunes de la Ségosphère avaient organisé une petite surprise en l'honneur de leur championne : un karaoké participatif reprenant un tube pour préados dont on avait changé les paroles. «Une rose, un projet, une femme...» Entre le Renouveau charismatique et «l'Ecole des Fans»...
Thomas, aujourd'hui étudiant en droit, et Camille, en première année à Science-Po, n'étaient pas venus pour ça. Ils font partie de la poignée de jeunes qui ont lancé la Ségosphère
dès janvier 2006 au moment où la présidente de Poitou-Charentes s'envolait dans les sondages. Le premier avait côtoyé Thomas Hollande sur les bancs de la fac. La seconde, fille de Natalie Rastoin, la conseillère en communication de Ségolène Royal, avait croisé le reste de la bande dans les couloirs de l'Assemblée. «Nous étions sept jeunes idéalistes qui n'avaient jamais fait de politique. Nous voulions organiser des débats, travailler sur le fond pour apporter des réponses nouvelles et concevoir un outil de campagne inventif et décalé», résume Camille François en évoquant les premières réunions au domicile des Hollande-Royal, où la «mère de Thomas», comme certains l'appellent encore, leur faisait manger des poulets qu'elle avait rapportés de sa région pour sauver la filière avicole !
Venus pour «faire de la politique autrement», Thomas et Camille conservent un souvenir doux amer du voyage. Refroidis par les bisbilles internes, la trop grande personnalisation de la campagne, la militarisation du militantisme qui régnait à l'époque à
Ségosphère, ils ont fini par trouver leur bonheur... au PS ! Pis, les voilà aujourd'hui membres d'un de ces «courants» qu'ils vilipendaient auparavant. «J'ai compris que c'était là qu'on pouvait vraiment travailler», dit Camille.
«Humainement, on est sorti de la phase Bisounours !» ajoute Thomas.
L'aventure
Ségosphère
a pris fin dès le lendemain de l'échec de Ségolène Royal à la présidentielle. «En une semaine, le site et les forums ont été fermés. La défaite et le silence radio ont laissé pas mal de militants orphelins», regrette Flora Labourier, 26 ans, ancienne permanente du mouvement. Cette avocate stagiaire, proche d'Arnaud Montebourg, a pris ses distances avec Ségolène Royal : «La voir se déclarer candidate au poste de premier secrétaire avant même d'avancer ses propositions m'a dérangée. Le marathon, ce n'est pas un sprint», explique-t-elle.
Envolés les 5 000 inscrits sur le site, disparus les 78 comités locaux... «On s'était tous mis d'accord pour que personne ne conserve la marque», raconte Nicolas Maccioni, 23 ans, ancien copain de fac de Thomas Hollande. Après l'été, beaucoup sont retournés à leurs chères études, à commencer par le fils de la candidate, qui assure, sur un ton très jospiniste, avoir «mis fin à [son] engagement politique». Nicolas, lui, a décidé de continuer à porter le flambeau en lançant une nouvelle association baptisée «Jeunes d'avenir»... Comme au bon vieux temps de la campagne, il dispose d'un bureau au nouveau QG de Ségolène Royal, participe au comité de pilotage de Désirs d'avenir et envisage de monter des groupes de travail.


Après l'heure, c'est plus l'heure ? « On savait tous que l'aventure avait une durée de vie limitée », relativise Flora Saladin, 25 ans, chargée de la riposte à l'époque de
Ségosphère. «D'une certaine façon, ça nous a libérés pendant la campagne, poursuit cette militante, formée à l'école des mouvements de jeunesse proches de Julien Dray. Je n'en reviens toujours pas qu'on ait monté aussi vite une organisation aussi efficace.» Dans le joyeux bordel de la campagne sont aussi nées des vocations. Anne-Sophie Hodée, 20 ans, étudiante en BTS, continue ainsi à penser que Ségolène Royal reste «la meilleure leader du PS face à des caciques enfermés dans leurs rancunes et prisonniers de vieux schémas de pensée» Cette jeune Bretonne, qui n'avait jamais milité, a vécu la Ségosphère «comme un tremplin vers l'engagement, à cent mille lieues du fan club qu'on s'imagine parfois». Il y a un an, à la veille du premier tour de la présidentielle, elle a pris sa carte au PS. Aujourd'hui, elle vient d'être élue la plus jeune conseillère municipale de son village d'Ille-et-Vilaine !

 

D'après un article de Matthieu Croissandeau
                         Le Nouvel Observateur

 

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