Une situation locale difficilement compréhensible :
Un article du dernier journal municipal L’Ovillois revient sur la situation de la sécurité à Houilles, à l’occasion de la tenue d’un conseil de sécurité et de prévention de la délinquance qui s’est réuni en mai dernier.
Les différents chiffres annoncés qui sont ceux du Ministère de l’Intérieur sont assez troublants : « Dans la commune de Houilles, les cambriolages diminuent de près de 15% et les vols à main armée enregistrent quant à eux une diminution de 40% » (…).
D’autres chiffres qui, eux, ne sont pas localisés : « Le travail des services d’investigation de la police nationale a permis une élucidation de près de 74% des atteintes à l’intégrité physique (contre 59%en 2009) », de 9,83% des atteintes aux biens (contre 9,73% en 2009) et de 56% des affaires économiques et financières (contre 33% en 2009). »
Et enfin, on nous annonce une augmentation de la délinquance sur Houilles/Carrières-sur-Seine de 4 % depuis 2009 !
Que faut-il en déduire ? Que tout va bien à Houilles, mais que la délinquance se porte sur Carrières-sur-Seine ? Qu’un vol à main armée n’est pas considéré comme une violence faite à un tiers ?
Je le dis très clairement, ces chiffres annoncés sans autre explication relèvent de l’"enfumage".
Un "enfumage" régulièrement pratiqué par le Ministère de l’Intérieur, mais qui est désormais relayé par la ville de Houilles, ce que je regrette.
Dès janvier 2011, j’avais alerté les Ovillois sur la situation de la sécurité dans une tribune municipale que vous pourrez relire en cliquant-ici.
Au lieu d’annoncer ces chiffres sans autre forme de commentaires, il aurait été préférable que la majorité municipale rappelle ce qu’est un Contrat Local de Sécurité, de quoi est-il composé, comment les acteurs locaux ont les moyens de remplir ce contrat.
La seule déclaration du Maire dans cet article montre sa faiblesse dans ce domaine : « La priorité est de consolider et d’accentuer les actions définies dans le contrat local de sécurité » « Pour sa part, la Ville a mis en place un système de prévention fondé sur la médiation. Un travail conforté par l’action de ses partenaires institutionnels et associatifs. »
Un rapport de la Cour des Comptes :
Alors chiffre pour chiffre, il me paraît plus important de vous délivrer des extraits du dernier rapport de la Cour des Comptes consacrée à la sécurité publique en France.
Une analyse de la situation dans nos 36 000 communes et le département des Yvelines ainsi que la ville de Houilles se retrouvent dans celui-ci, je vous laisse découvrir ces extraits.
A propos des stupéfiants :
« De nombreux départements ont enregistré un doublement voire un triplement des infractions pour usage simple qui, par exemple, ont représenté 92 % des infractions constatées en matière de stupéfiants dans les Yvelines ou le Var en 2009. »
A propos des effectifs de police présents :
« Par département, l’évolution des effectifs totaux a été contrastée avec un renforcement sensible en Seine-Saint-Denis (8,8 %) et dans l’Essonne (8 %), une faible hausse en Seine-et-Marne (2,2 %), dans le Val-d’Oise (1,3 %) et surtout les Yvelines (0,7 %), et une baisse non négligeable dans les Hauts-de-Seine (- 3,0 %) et le Val-de-Marne (- 4,4 %). »
A propos de l’ancienneté de nos agents de Police :
« Au lieu de 16 ans au plan national, l’ancienneté moyenne dans la police nationale était en 2009 de 10,4 ans dans la région Ile-de-France et même de 8,5 en Seine-Saint-Denis et 9,2 dans le Val-d’Oise. Elle était encore plus courte dans certaines CSP : 4,9 ans à Garges, 5,4 à Deuil-la- Barre, 5,7 à Bezons, 6,3 à Massy, 6,6 à Sarcelles ou 6,8 à Houilles.
Ces personnels font rapidement des demandes de mutation. Ils se renouvellent à un rythme rapide. En Seine-et-Marne, par exemple, 21,7 % des effectifs de sécurité publique (hors service de l’information générale) étaient arrivés dans l’année. Cette proportion était de 22,4 % dans les Yvelines, 24 % dans l’Essonne et 17,1 % dans le Val-d’Oise. Le problème est le plus aigu en Seine-Saint-Denis où 70 % des effectifs ont moins de cinq d’ancienneté dans leur service. »
Voici donc une question très concrète à poser au représentant de l’état dans le département, Quelles sont les raisons objectives qui expliquent que le commissariat de Houilles est l’un de ceux où l’ancienneté par agent parmi la plus faible de France ?
Ce manque d’expérience de la part de nos agents (et ce n’est pas de leur faute) ne joue-t-il pas sur la politique de sécurité sur un territoire ?
Ne croyez-vous pas que permettre une meilleure mixité entre policiers ayant une expérience relative et jeunes recrues favoriserait une action plus pertinente sur un territoire ?
Sur le même sujet et bien que cela ne soit pas évoqué dans ce rapport, je m’inquiète aussi du nombre d’effectif (en équivalent temps plein) de Police présent à Houilles, alors que notre commissariat est tout neuf et qu’il a une capacité d’accueil suffisante.
A propos du nombre de policier présent sur la voie publique :
« Au niveau départemental, l’effectif moyen présent sur la voie publique s’est élevé à 155 agents en 2009 dans le Rhône (population de 1 055 000 habitants) et 75,6 dans le Var (569 000 habitants), mais à seulement 31 dans les Yvelines (1 181 000 habitants). Dans ce département, la présence policière sur la voie publique était particulièrement faible dans certaines villes : 2,3 policiers à Marly-le-Roi (34 000 habitants), 12 à Mantes-la-Jolie (112 000 habitants), 11,4 à Versailles (130 000 habitants). »
Cette situation est véritablement inquiétante, à la fois dans nos villes (Houilles/Carrières-sur-Seine) mais aussi au niveau départemental.
Je terminerai cet article par une copie de l’article paru le 28 juillet 2011 dans le Parisien, Catherine Tasca, Sénatrice des Yvelines, y réclame fermement plus d’effectif de police.
Catherine Tasca, la sénatrice (PS) des Yvelines, vient d’adresser un courrier au ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. Elle réclame un renforcement des effectifs policiers dans le département qu’elle estime sous-doté. « La faiblesse des effectifs apparaît inadaptée aux besoins des Yvelines, indique l’ancienne ministre de la Culture.
Les élus me font régulièrement connaître la faiblesse du nombre de policiers et la nécessité de réaliser des équipements attendus depuis trop longtemps. A titre d’exemple, la ville des Mureaux, qui compte moins d’un policier pour 400 habitants, alors que son taux de délinquance est de 90pour 1 000, attend toujours son commissariat. » La sénatrice appuie sa demande sur le récent rapport de la Cour des Comptes, qui pointe plusieurs points noirs dans le département.
Une progression très faible des effectifs. Entre 2003 et 2009, les effectifs de police ont progressé de 0,7% dans le département contre une moyenne de 2,2% en Ile-de-France. En Seine-Saint-Denis, ils ont augmenté de 8,8%. En revanche, ils ont diminué de 3% dans les Hauts-de-Seine.
Beaucoup de policiers débutants. En 2009, les nouvelles recrues représentaient 22,4% des effectifs, des Yvelines. Résultat : des personnels peu expérimentés et un turnover important. Pour preuve, l’ancienneté moyenne en Ile-de-France s’élevait à 10,4 ans contre 16 ans au niveau national. A titre d’exemple, à Houilles, elle était de 6,8 ans.
Des missions d’assistance contraignantes. Les missions périphériques telles que l’extraction des détenus, les escortes, la garde de bâtiments constituent une contrainte lourde et représentent l’équivalent de 74 temps plein, soit 3,2% des effectifs. Du coup, la présence policière est peut-être un peu moins visible qu’ailleurs, même si l’effectif moyen sur la voie publique à un instant T était de 131 fonctionnaires en 2009.
Le Parisien
(arrivée de Ségolène Royal à la Cité des Indes)
Dans le cadre de la campagne pour les Primaires Citoyennes des 9 et 16 octobre, j’ai participé au dernier déplacement de Ségolène Royal à Sartrouville.
Cette visite programmée la veille de son grand meeting qui s’est déroulé hier à Montreuil – meeting où elle a présenté son contrat avec la nation – a permis de mettre à l’honneur le quartier du plateau à Sartrouville et plus spécifiquement la Cité des Indes.
(rencontre avec les associations sur le plateau)
Après une rencontre chaleureuse avec les habitants, Ségolène s’est entretenue avec des associations locales agissant sur le quartier ainsi que des structures comme le Centre de santé associatif VIVRE de Houilles ; celui-ci accueillant12 % de ses patients en provenance de Sartrouville suite à la fermeture d’un centre de santé municipal dans la ville.
L’accueil au marché de la gare aura été tout aussi simple, dans la bonne humeur, ainsi que dans la gravité des témoignages donnés par les gens. J’emploie volontairement ce terme « donné », car les situations sont parfois humainement si difficiles qu’il faut beaucoup de courage et d’abnégation pour témoigner et apporter ce vécu.
Je pense notamment à cette femme retraitée qui nous a expliqué qu’il lui était impossible de partir en vacances faute d’une retraite insuffisante. Où est-donc passé cette promesse de N.Sarkozy de revaloriser de 25 % les petites retraites ?

(Sur le marché de Sartrouville)
Ces visites dans les quartiers que Ségolène poursuit depuis 2007 permettent d’avoir une réalité concrète du terrain, comment justifier par exemple l’état de dégradation de la cité des Indes ?
Il ne suffit pas de refaire les routes et de détruire trois tours dans le cadre de l’ANRU, encore faut-il que l’entretien quotidien des immeubles soit fait. Pourquoi les ampoules grillées des réverbères ne sont pas changées ? Pourquoi les peintures défraichis dans les cages d’escaliers ne sont pas rénovés ?
Une situation que l’on retrouve dans une moindre mesure dans certains immeubles Ovillois (j’ai eu l’occasion de le constater dans mes derniers portes à portes de l’été), même si les problématiques ne sont pas les mêmes puisqu’une grande partie des habitats sociaux que nous avons à Houilles sont en cœur de ville ce qui n’est pas le cas à Sartrouville.
Je terminerai par les propos tenus par Ségolène Royal sur le plateau des Indes : « je veux que les quartiers participent au redressement de la France, à son énergie », « je veux que les jeunes aient du travail. On les formera », « je veux de la sécurité pour vous tous ». Propos repris dans un article des Inrocks que vous pouvez lire ici.