
Verbatim de l'article tiré de l'hebdo des socialiste, imprimé à 243 137 exemplaires.
Ses modèles en disent long : Pierre Bérégovoy et Raymond Forni.
Deux hommes partis de presque rien mais qui ont accédé à de très hautes responsabilités
(respectivement Premier ministre et Président de l’Assemblée nationale), à force de travail et de volonté. Comme eux, Florian Bohême n’est pas né avec une petite cuillère en argent dans la bouche. Pas dans la misère non plus. Fils de commerçants, il grandit à Houilles (Yvelines).
Aujourd’hui, à 23 ans seulement, il siège depuis mars dernier au conseil municipal de cette tranquille ville de banlieue parisienne. Dans l’opposition. Un retour aux sources puisque, à 12 ans, il fait ses premières armes au conseil municipal des jeunes. « C’était mon premier engagement citoyen, confie-t-il. Déjà, j’éprouvais le désir de servir les autres et de m’impliquer dans la vie de la cité. » À l’époque, il ambitionne même de devenir président de la République. Avec l’âge, il a gagné en autodérision et en modestie. « L’action politique est tellement compliquée, énonce-t-il de sa voix calme et posée. Même à mon petit niveau, j’ai l’impression de faire bouger des montagnes. » Une sagesse et un pragmatisme qui sont sans doute le fruit de l’expérience. Car Florian, devenu coordinateur de conseils de jeunesse à Paris, a roulé sa bosse. L’instruction civique, il ne l’a pas apprise dans les livres de droit mais sur le terrain. En 2003, il prend sa carte au PS, encore sous le choc de la défaite de 2002. Dès lors, il ne cesse de s’activer pour faire gagner les valeurs socialistes : 2004, il s’implique activement dans la campagne pour les régionales ; 2005, il sillonne la France avec le collectif Cidem pour expliquer à ses concitoyens les enjeux du référendum ; 2007, il s’investit à fond dans la présidentielle. Autant d’occasions d’être au plus près des préoccupations des Français, de leur quotidien. Lors des dernières municipales, il figure en 5ème place sur la liste socialiste. « Après avoir milité plusieurs années à Paris où je travaille, je me suis dit que je serais certainement plus utile dans les Yvelines, terre de droite historique. Il y règne de nombreuses injustices. À Houilles, par exemple, il n’y a que 12% de logements sociaux. » Il ne compte donc pas faire de la figuration et s’est fixé des objectifs concrets, au premier rang desquels l’instauration de liens entre les générations et entre les quartiers.
Lancé à cette allure dans la vie politique, Florian pourrait faire du chemin et qui sait, aller aussi loin que ses « maîtres ».
Elisabeth Philippe